Fred Ross

Fred Ross est né à Saint John, au Nouveau-Brunswick, le 12 mai 1927. Sa contribution à la communauté artistique du Nouveau-Brunswick s’étale sur plus de soixante-cinq années et en fait un des peintres les plus reconnus et influents de la province. Une partie de sa formation en art s’est faite au milieu des années1940 sous la supervision de Violet Amy Gillett (1898-1996) et de Ted Campbell (1904-1985) à l’École de formation technique et professionnelle de Saint John. Après deux grands projets de murales, Ross peut se rendre au Mexique pour observer le travail d’autres muralistes. Devant l’impossibilité d’obtenir des commandes importantes pour des œuvres à grande échelle, il se tourne vers les maîtres de la Renaissance à la recherche d’inspiration; en 1953, il fait un voyage en Italie pour les étudier. À son retour, il enseigne au département des arts de l’École de formation professionnelle de Saint John jusqu’en 1970, année où il prend sa retraite pour se consacrer à temps plein à la peinture. Tout au long de sa carrière, sa méthode de travail de Ross a consisté à faire un examen poussé du continuum des progrès artistiques qui lui servait de source pour son propre travail. À cette fin, il s’était monté une bibliothèque de recherche étoffée permettant l’étude comparative des œuvres de référence et l’a toujours entretenu. Fred Ross est décédé à Saint John le 19 août 2014.

A67-140 - Fred Ross - Boy with White Helmet
Boy with White Helmet (Jeune homme avec casque blanc), 1965
tempéra et encre sur Masonite
106 x 75 cm
Don de Reeves & Sons Limited, 1967 (A67.140)

Un élément important des œuvres figuratives de Ross dans les années 1960 et 1970 explore la relation entre l’artiste, le sujet et le spectateur. Son travail montre une affinité avec l’œuvre de Balthus [Balthasar Klossowski] (1908-2001), un peintre français d’ascendance polonaise qui a travaillé surtout en Suisse et qui a été un des artistes figuratifs les plus marquants du vingtième siècle. Dans Boy with White Helmet (Garçon portant un casque blanc), une peinture de 1965, un motocycliste beau et confiant en veste de cuir évoque toute la fougue que dégage la génération d’après-guerre à l’atteinte de l’âge de la majorité.

1995-21(3) - Fred Ross - Still Life with Pointe Shoes
Still Life with Pointe Shoes(Nature morte avec chaussons de danse), 1989
acrylique, tempera à la caséine et pastel sur carton
102 x 71 cm
Don de Vivian Campbell, 1995 (1995.21)

Dans les années 1980, Ross a concentré ses efforts sur la nature morte, recourant à des objets pour symboliser le sens figuré. Baignée d’une lumière douce et claire, la peinture de Fred Ross Still Life with Pointe Shoes (Nature morte avec chaussons de danse) est remplie d’allusions. Un langage complexe se superpose à la représentation évidente des objets de cette image. En effet, ces objets peuvent être interprétés comme des emblèmes de la masculinité et la féminité ou, même, se rapporter à certaines personnes en particulier. La fascination de l’artiste pour le motif exotique du tapis contraste avec le volume tridimensionnel et la froideur de la carafe et la souplesse des pointes. À l’aide d’un minimum de couleur, de ton et de forme, Ross réussit une œuvre magistrale pleine de charme, de mystère et d’intemporalité.

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Œuvres récemment restaurés de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick

Le soin d’une collection comporte un effort soutenu pour assurer sa conservation. Et le partage de la collection, en la faisant connaître au public par des expositions, est un autre volet de la mission d’un musée. Parfois, il n’est pas possible d’exposer un objet parce que son état ne rend pas justice à l’intention de l’artiste ou que l’exposer pourrait l’endommager davantage. Depuis trente années, le Musée du Nouveau-Brunswick mène un projet de restauration des beaux-arts conjointement avec le laboratoire de restauration provincial installé à la galerie d’art Owens, à Sackville, au Nouveau-Brunswick. Les œuvres mentionnées ci-dessous ont récemment reçu les soins d’Adam Karpowicz, restaurateur de beaux-arts du Nouveau-Brunswick maintenant à la retraite.

Les musées plus anciens possèdent des artéfacts qui ont besoin d’être traités. Il arrive que des objets importants qui méritent d’être préservés soient acquis, même s’ils ne sont pas en très bon état. Souvent, les matériaux utilisés par les artistes, le vernis ou le glacis, peuvent se détériorer ou changer avec le temps. Parfois, la méthode d’encadrement utilisée peut compromettre la structure ou l’apparence d’une œuvre. Il peut aussi arriver qu’un article soit endommagé accidentellement. Mais, peu importe la raison, la conservation de l’œuvre à long terme est ce qui motive l’intervention.

Ces photos ont été prises avant et après le travail de restauration effectué par Adam Karpowicz. Son travail insuffle une nouvelle vie à ces peintures dans le respect de l’intention originale de l’artiste.

1b1a
Kenneth Keith Forbes (Canadien, 1892-1980)
Le très honorable Richard Bedford Bennett, premier ministre du Canada (1930-1935), 1938 huile sur toile
Legs du très honorable Richard Bedford, vicomte Bennett, 1948 (1948.5)

2b2a
Attribuée à Thomas Hanford Wentworth (Américain, 1781-1849)
Portrait d’un homme non identifié,
peut-être Charles Humphrey, v. 1835
huile sur toile
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick (X16481)

3a3b
John Christopher Miles (Canadien, 1832 – 1911)
Woodland Fishing Scene with Boy (Jeune garçon à la pêche), v. 1880
huile sur toile
Don de Kenneth Allison Wilson, 1954 (1954.165)

4b

4a
John Thomas Stanton (Canadien, c. 1815 – 1866)
après Richard Wilson (Britannique, 1713 – 1782)
The Ruined Temple (Le temple en ruine), 1856
huile sur carton fort
Achat, 2004 (2004.13)

5b

5a
Artiste inconnu (École américaine)
Bark Mary Rideout of St. Andrews, N.B. (La barque Mary Rideout de St. Andrews, N.-B.), 1868
peinture sur verre inverse
Achat, 2010 (2010.36)

6b6a
Michael Anderson (Écossais ou Canadien, 1824 – 1853)
Aaron et Hur soutenaient les mains de Moïse pendant le combat contre les Amalécites à Rephidim, 1850
huile sur toile
Achat, 1958 (A58.30)

7b

7a
John Christian Schetky (Écossais, 1778-1874)
La bataille entre le Chesapeake et le Shannon, v. 1815
huile sur toile
Collection John Clarence Webster Canadiana (W1609)

8b8a
Albert Gallatin Hoit (Américain, 1809 – 1856)
Mary Ann (Maria) Street Berton Beckwith, 1837
huile sur toile
Don de la succession de sir John Douglas Hazen, 1959 (1959.57)

9b9a
Albert Gallatin Hoit (Américain, 1809 – 1856)
John Adolphus Beckwith, 1837
huile sur toile
Don de la succession de sir John Douglas Hazen, 1959 (1959.56)

10b
10a
Marion Elizabeth Jack (Canadienne, 1866 – 1954)
Apple Trees at Burton, New Brunswick (Pommiers à Burton au Nouveau-Brunswick), 1922-1930
huile sur carton entoilé
Don de Catherine Coombes, 2008 (2008.27.1)

 

De Shetland à la Miramichi – À la découverte du patrimoine d’un couvre-lit

Mme Carol Christiansen, Ph. D., conservatrice et agente des musées communautaires au Shetland Museum and Archives, met en vedette, dans son dernier livre, Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland (publié en 2015 par Shetland Amenity Trust – ISBN 978-0-9932740-4-6) un artéfact inusité du Musée du Nouveau-Brunswick (MNB) – un couvre-lit brodé. Donné à l’origine, en 1961, comme couvre-plancher, sa fonction réelle de couvre-lit a été expliquée au début des années 1970, quand il a fait partie d’une exposition de couvre-lits américains au musée Wadsworth Athaneum de Hartford, au Connecticut. Postes Canada l’a aussi mis en vedette sur un de ses timbres en 1993.

Taatit rugs
Carol Christiansen, Ph. D. (2015). Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland. Shetland: Shetland Heritage Publications

La méthode de fabrication inusitée du couvre-lit – une broderie à double boucle à fil de poil court plutôt que la technique au crochet plus commune – en fait un survivant unique dans la collection de literie bien dotée du Musée du Nouveau-Brunswick. La recherche de Mme Christiansen portant sur les « les jetés de lit lourds tissés en laine auxquels des fils (taats) ont été appliqués » l’a conduite à ce splendide exemple ancien. Son intérêt pour le sujet a beaucoup amélioré notre compréhension historique complexe de certains objets patrimoniaux et nous a donné un regard révélateur sur l’immigration d’origine écossaise dans la province.

Lorsque le couvre-lit brodé a été donné au MNB, il était réputé avoir servi à une famille Hutchison de la région de Miramichi au Nouveau-Brunswick. Des recherches plus poussées ont révélé que la grand-tante des donatrices était Elizabeth Stuart (Stewart) Mackie (v. 1817-1867) qui avait épousé Richard Hutchison (1812-1891) de Douglastown, au Nouveau-Brunswick, le 20 mars 1843. Richard Hutchison était né à Glasgow, en Écosse, et avait immigré au Nouveau-Brunswick en 1826. Elizabeth Stuart Mackie serait née à Aberdeen, en Écosse, fille d’Alexander Mackie (v. 1781-1858), natif de Leith, qui avait vécu à Aberdeen, et de sa femme, Elizabeth Stuart (Stewart) (v. 1782-1854). D’après le recensement de 1851, ils avaient immigré au Nouveau-Brunswick en 1832. Bien que ces faits n’apportent aucune certitude, ils renforcent la probabilité que le couvre-lit vienne d’Écosse et habilitent pertinemment le Musée du Nouveau-Brunswick à faire valoir les aspects du transfert culturel au milieu du XIXe siècle dans la province, et à en discuter.

1961-42(3)1961-42(4)1961-42(13)
Fabricant inconnu (probablement écossais ?)
Couvre-lit (jeté taatit ou jeté de lit), 1800-1850
Laine brodée sur armure (tissage) en tabis
221 x 157,5 cm
Provenance : Utilisé par la famille Hutchison de Douglastown, au Nouveau-Brunswick [Descendance probable : Richard Hutchison (1812-1891) et Elizabeth Stuart Mackie Hutchison (v. 1817-1867); à sa sœur, Alexina Stuart Mackie Keay (1831-1909) et son mari, le révérend Peter Keay (1826-1873); à son fils, Richard Hutchison Keay (1864-1944) et sa femme, Ada Margaret Fraser Keay (1871-1957); à leurs filles, Alexina Margaret Keay (1904-1987) et Janet Elder Keay (1913-2000)]
Don de Margaret Keay et Janet Keay, 1961 (1961.42)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, Musée du Nouveau-Brunswick

Cabinets de curiosités – Réflexions sur les crustacés et mollusques

À titre d’établissement muséal provincial, le Musée du Nouveau-Brunswick s’associe à des établissements et des communautés pour collectionner, préserver, étudier et interpréter le matériel en vue de favoriser la compréhension et l’appréciation du Nouveau-Brunswick, autant chez nous qu’ailleurs dans le monde. Une de ces initiatives reproduit le concept des Cabinets de curiosités présenté jusqu’au 29 novembre 2015 à la galerie d’art Owens de Sackville (N.-B.). On y présente une sélection d’œuvres d’arts, d’exemples des arts décoratifs et de spécimens scientifiques provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick qui viennent compléter les objets provenant de la collection de l’Université Mount Allison. L’art et la science s’y rejoignent sous des thèmes communs mettant en évidence les fascinantes relations entre ces deux disciplines.

L’apport du Musée du Nouveau-Brunswick à cette exposition relevait de la responsabilité de Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, et il nous explique que son inspiration est venue d’une petite gouache de Jack Weldon Humphrey intitulée Crustaceans provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick. « Dans sa relation modeste avec l’abstraction, elle a des formes et couleurs qui suggèrent des créatures – crustacés et mollusques – résidant dans les myriades de niches des rivages limitrophes du territoire pictural maritime de Humphrey. Par tradition, les conventions de diverses formules de symbolisme font en sorte d’illustrer les attributs de ténacité, de protection, de fertilité et de résurrection qu’on associe aux animaux aquatiques représentés. Certains pourraient prétendre que ces caractéristiques forment aussi un cadre où s’insère la conception des musées eux-mêmes ainsi que les attentes émanant de leurs objectifs premiers, soit la préservation, la présentation et l’interprétation. Ce tableau trouve alors son sens dans la relation entre la diversité des artéfacts et des spécimens trouvés dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick et le rôle de dépositaire d’information matérielle, de fabricant de culture et de lieu d’échange de points de vue que cette institution peut jouer. »

1
Jack Weldon Humphrey (Canadien, 1901-1967)
Crustaceans, 1952-1953
Pinceau, encre noire et gouache sur papier vélin
Support : 24,9 x 32,4 cm
Don de Lawren Phillips Harris, 1987 (1987.21)

« Les objets choisis pour cette exposition témoignent de l’inspiration durable puisée dans le monde naturel par les styles et coutumes des beaux-arts et des arts décoratifs, ajoute Peter Larocque. Un large éventail de moyens nous permet de le constater; soit l’imitation de formes naturelles par les objets, soit l’intégration de créatures elles-mêmes (ou de parties ou sections de celles-ci) dans un artéfact, soit la transformation d’objets naturels par la main humaine. »

2
Belleek Pottery Company (Irlande, fondée en 1858)
Service à thé en porcelaine Neptune 1955‑1965
Hors tout : 14,5 x 22,5 cm [théière], 6 x 10 cm (sucrier), 8,2 x 11,5 cm (crémier)
Don de Frances Meltzer Geltman, 1995 (1995.46.4.1-3)

Le service à thé ci-dessus dénote bien la fascination persistante par les formes naturelles et la virtuosité technique. Sous le thème de Neptune, le motif de ces pièces rappelle à l’observateur la mythologie classique et évoque une association avec la mer.

3
NBMG 3636
Phylum Mollusca, classe des céphalopodes
ammonite
Hors tout : 13 x 12,4 x 4 cm
Provenance inconnue
Donateur et date inconnus
De la collection de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick

La coquille en spirale des ammonites fossiles se voit couramment dans les roches du Jurassique et du Crétacé. Le Nouveau-Brunswick compte peu de fossiles de cette division géochronologique, mais la collection du Musée du Nouveau-Brunswick comprend quelques spécimens d’ammonites, la plupart donnés par des membres de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick au XIXe siècle.

« Certains objets ont été choisis pour leur valeur esthétique, d’autres pour faire réfléchir à leur fonction, explique M. Larocque. Ces spécimens et objets sont réunis pour consigner le passage du temps. Ils témoignent de millénaires anciens, évoquent la mythologie classique et illustrent notre utilisation évidente des ressources naturelles. Cette combinaison représentative d’articles attire l’attention non seulement sur leur apparence intrinsèque, mais aussi sur leur fragilité. Les avoir réunis sous-entend qu’un lieu est nécessaire pour pouvoir les examiner et les observer de près. Voilà une belle façon de concevoir le rôle d’un musée. »

4
Fabricant inconnu (Barbade)
Valentin de marin, v. 1830-1880
bois de cedro, papier, nappe ouatée et verre
25,4 x 49,6 cm
Don de Frederick G. Godard, (7085)

Fabriqués à partir du début du XIXe siècle et louangés pour leur délicatesse et leur sensibilité, les valentins de marins sont associés à la séparation et à l’incertitude des voyages en mer. Produits dans les Antilles, à la Barbade en particulier, ces souvenirs étaient achetés par des marins de passage pour exprimer leur affection à leur petite amie et à un être cher.

5
Mme Lolar (Passamaquoddy)

Panier en forme d’oursin, v. 1908
Éclisses de frêne teintes et tissées avec foin d’odeur
Hors tout : 9 x 21 x 21 cm
Don de Mme H.R. Wilson, 1909 (5197.2)

Tressé à partir des plus fines éclisses de frêne et de foin d’odeur, ce panier est un bel exemple des connaissances de la mer acquises par la Première Nation Passamaquoddy dans son territoire traditionnel bordant la côte nord de la baie de Fundy. Il reprend la forme de l’oursin vert, abondant dans son habitat formé par la zone intertidale du rivage rocailleux.

6
Fabricant inconnu (japonais)

Cadeau présenté pour commémorer une contribution à la construction d’une église, comté d’Umikami, province de Chiba, Japon, avant le 23 novembre 1925
Coquillage sculpté
Hors tout : 19 x 22 x 2 cm
De la collection Loretta L. Shaw, 1939 (32622)

La surface de ce coquillage se prête bien à l’expression artistique. Sa forme naturelle est respectée et rehaussée par l’ajout du koï subtilement sculpté suivant les couches et les reflets naturels de la nacre. L’association de la représentativité et de la matière dénote la persévérance et la force, un cadeau convenant bien à un missionnaire canadien résolu à transmettre un savoir occidental au Japon.

La collection de courtepointes du MNB : sa petite histoire du 18e siècle au Nouveau-Brunswick contemporain

Les courtepointes racontent la petite histoire entourant leurs créateurs. Le Musée du Nouveau-Brunswick (MNB) a la chance d’avoir une collection d’anecdotes allant du 21e siècle aux années 1700.

Le MNB a acquis sa première pièce de literie en 1927. Depuis lors, il est entré en possession de 411 courtepointes, entre autres articles de literie. À l’aube de sa collection, les courtepointes étaient habituellement perçues comme des textiles de maison vieillots. Des vestiges de l’époque coloniale ou de l’esprit des pionniers. La tradition au Nouveau-Brunswick voulant qu’une femme prépare, pour son trousseau, une douzaine de courtepointes pratiques et une 13e plus élaborée, en a fait de banals textiles de maison.

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La plus ancienne courtepointe de la collection du MNB. Fabricant inconnu, 1770-1800 (trouvée à Campobello, comté de Charlotte, Nouveau-Brunswick). Collection John Corey de textiles domestiques, 2003. Pièce entière de laine piquée et cousue à la main avec nappe ouatée en laine.

Il faudra attendre les années 1960 et 1970 pour qu’on réattribue une certaine importance aux courtepointes et qu’un renouveau dans la confection de courtepointes fasse écho au mouvement féministe.

« Notre perception des courtepointes est maintenant beaucoup plus large […] un des moyens faisant entendre la voix des femmes du passé », commente Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick.

« Un examen approfondi des courtepointes nous ouvre l’accès au mode de vie des femmes, à leur façon de travailler et de communiquer. Ces courtepointes sont devenues plus que des objets; on se rend compte qu’elles racontent, affirment et prennent position. »

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Courtepointe à pointes folles de Violette Emily Dibblee et Carlysle Eulalie Hopkins, Saint John, Nouveau-Brunswick 1886-1888. Don de V. Hazel Dibblee, 1952.
Violette Emily Casey a épousé Beverley Newton Howard Dibblee le 29 mars 1886 à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Cette courtepointe originale incorpore des portraits de « Vie » et « Bev » sous forme de photographies imprimées sur la soie.

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Courtepointe de Celia Elizabeth Lapointe et William Edward Lapointe, St. Marys, comté d’York, Nouveau-Brunswick, 1940-1950. Don de Susan Steen, à la mémoire de Celia Elizabeth Whitlock Lapointe et de William Edward Lapointe, 2009.
Résultat d’un projet conjoint du couple, cette courtepointe présente des dessins faits par lui sur le tissu, qu’elle a ensuite brodés et intégrés. Les personnages de dessins animés (de gauche à droite), Popeye et « Der Inspector » des Katzenjammer Kids.

Bon nombre des courtepointes du MNB sont des dons de John J. Corey, consultant en histoire de Butternut Ridge, Havelock, qui a développé une spécialisation et un intérêt pour les textiles. Non seulement M. Corey collectionnait les courtepointes historiques, mais il en dessinait et en faisait aussi confectionner. Par exemple, celle de gauche, ci-dessous, est une courtepointe historique de Tressa Annie Thorne, tandis que celle droite a été conçue par M. Corey avec des appliqués de Retta Lucy Hicks d’après le modèle plus ancien.

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À gauche : Tulips Quilt (Courtepointe Tulipes) de Tressa Annie Thorne, 1920-1930. Collection John Corey de textiles domestiques, 2003.
À droite : Tulips Quilt (Courtepointe Tulipes), incorporant des appliqués de Retta Lucy Hicks d’après Tressa Annie Thorne. Piquée par la société Middle Sackville Baptist Ladies’ Aid, 1970-1985. Don de John J. Corey, 2013.

Bien qu’il possède une superbe collection de courtepointes historiques, le MNB s’efforce de la tenir à jour en y ajoutant des pièces contemporaines du Nouveau-Brunswick. Kathy Coffin, membre regretté de la Marco Polo Quilters Guild, avait suggéré au Musée du Nouveau-Brunswick d’enrichir sa collection en incluant, tous les deux ans, une courtepointe contemporaine par l’entremise de l’exposition biennale de la guilde. Mme Coffin a créé et vendu un carré de courtepointe représentant l’emblème floral de la province, puis elle a utilisé l’argent de la vente de ce patron pour acheter la première œuvre primée du New Brunswick Contemporary Quilt Award (Prix de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick), un prix biennal attribué par un jury.

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Les trois premiers gagnants du concours biennal de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick.
À gauche : Railways in a Northern Land par Donna K. Young, Fredericton, Nouveau-Brunswick, 2004. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick de la Marco Polo Quilters’ Guild, 2011.
Au centre : When Compasses Collide par Juanita Allain, Riverview, Nouveau-Brunswick, 2002-2006. D’après Sheila Wintle. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick, achetée avec des fonds fournis par la Marco Polo Quilters Guild, Donna K. Young, Marilyn Peabody, Maggie Coffin Prowse et la Fundy Sewing Guild, 2013.
À droite : Baltimore Bouquet par Gail Fearon, New Line, Nouveau-Brunswick, 2011. D’après Mimi Dietrich. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick, achetée avec des fonds fournis par Juanita Allain, Marilyn Peabody, Woodstock Quilt Guild et John J. Corey, 2015.

Le prix le plus récent a été décerné à Baltimore Bouquet par Gail Fearon de New Line, au Nouveau-Brunswick. Cette courtepointe reprend un style du milieu du 19e siècle qui juxtapose différents modèles de carrés. Sous leur nom de courtepointes Baltimore Album, elles étaient très à la mode sur toute la côte Est. L’œuvre est un ajout particulièrement estimable à la collection du MNB du fait qu’il s’agisse de son premier exemple de courtepointe Baltimore Album.

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Baltimore Bouquet exposée au MNB et (de gauche à droite) Gail Fearon, lauréate; Carolyn Wishart, présidente de la Marco Polo Quilters’ Guild; Peter J. Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick.