Éclaircir des mystères au Musée du Nouveau-Brunswick : Le mystère du sac de dentiste

Dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick, il se trouve un sac de dentiste découvert à Nanaimo, en Colombie-Britannique. Le sac en question est arrivé à la boutique de l’hospice communautaire de Nanaimo. Il contenait un exemplaire du faire-part publié par Dr et Mme John T. Hazelwood pour annoncer le mariage de leur fille Effie Lucretia Hazelwood à John Allen Clowes en octobre 1913 à Saint John Ouest, au Nouveau-Brunswick. Le Musée du Nouveau-Brunswick en a été avisé par la suite par Daphne Catteson, qui gère la boutique.

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sac de dentiste, v. 1890
cuir et metal
hors tout : 36 x 44 x 21 cm
Don de Nanaimo Community Hospice Society, 2015
NBM 2015.20

 


Comment ce sac de dentiste d
u Nouveau-Brunswick s’est-il retrouvé dans une boutique de la Colombie-Britannique?

La recherche effectuée par le MNB a révélé que John T. Hazelwood a été inscrit en tant que dentiste à l’annuaire 1891-1892 de Saint John après y avoir été pharmacien de 1881 à 1890. D’après l’association des dentistes, le gouverneur en conseil avait, par décret, autorisé John T. Hazelwood à exercer en 1893, mais sa pratique était limitée à certaines procédures. Son travail de pharmacien pourrait l’avoir aidé à accéder à la profession de dentiste. Bien qu’il y ait eu, à cette époque, une association de dentistes à partir de 1867 et que le Royal College of Dental Surgeons of Ontario y ait été fondé l’année suivante, c’est seulement en 1902 que l’Association dentaire canadienne a été fondée. M. Hazelwood a donc exercé sans diplôme et a appris par la pratique dans les limites où il pouvait le faire. D’ailleurs, son inscription dans l’annuaire de Saint John ne le désignait pas comme docteur. C’est un rappel important de l’état d’une profession en développement.

Il a été découvert ultérieurement qu’Effie Hazelwood et John Clowes avaient ensuite déménagé en Colombie-Britannique, donc le sac doit avoir voyagé avec eux. John Hazelwood est inscrit comme dentiste en 1915, mais pas en 1919; il est décédé en 1926. L’arrivée du sac en Colombie-Britannique est probablement postérieure à sa mort et peut-être même à celle de sa femme, Annie Garrison Rouse (décédée en 1943). John Clowes est décédé à Comox (C.-B.), en 1945 et Effie Hazelwood à New Westminster en 1969. Il est probable que le sac ait échu à Effie, puis à un de ses enfants ou à un parent pour finalement aboutir à la boutique de l’hospice.

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Une note dactylographiée a été retrouvée dans le sac; elle provenait probablement du dernier descendant.

(Dr John T. Hazelwood descendait d’une des familles loyalistes qui sont venues d’Angleterre au Canada au début des années 1800 et qui se sont établies le long du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, sur des terres concédées par le gouvernement. Des gens sont devenus agriculteurs, d’autres bûcherons et d’autres ont exercé des professions, comme notre arrière-grand-père Hazelwood. Il était dentiste et avait comme hobby l’hypnose, qu’il pratiquait comme divertissement de salon.)

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L’étiquette était sur la poignée du sac et concernait sa serrure.

 

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Exemplaire du faire-part de mariage trouvé dans le sac de dentist.

 

 

 

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DJohn T. Hazelwood, en haut-de-forme, en compagnie de son chien vers 1900

 

 

 

 

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Dr John T. Hazelwood hypnotisant un volontaire dans un salon vers 1900.

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De Shetland à la Miramichi – À la découverte du patrimoine d’un couvre-lit

Mme Carol Christiansen, Ph. D., conservatrice et agente des musées communautaires au Shetland Museum and Archives, met en vedette, dans son dernier livre, Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland (publié en 2015 par Shetland Amenity Trust – ISBN 978-0-9932740-4-6) un artéfact inusité du Musée du Nouveau-Brunswick (MNB) – un couvre-lit brodé. Donné à l’origine, en 1961, comme couvre-plancher, sa fonction réelle de couvre-lit a été expliquée au début des années 1970, quand il a fait partie d’une exposition de couvre-lits américains au musée Wadsworth Athaneum de Hartford, au Connecticut. Postes Canada l’a aussi mis en vedette sur un de ses timbres en 1993.

Taatit rugs
Carol Christiansen, Ph. D. (2015). Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland. Shetland: Shetland Heritage Publications

La méthode de fabrication inusitée du couvre-lit – une broderie à double boucle à fil de poil court plutôt que la technique au crochet plus commune – en fait un survivant unique dans la collection de literie bien dotée du Musée du Nouveau-Brunswick. La recherche de Mme Christiansen portant sur les « les jetés de lit lourds tissés en laine auxquels des fils (taats) ont été appliqués » l’a conduite à ce splendide exemple ancien. Son intérêt pour le sujet a beaucoup amélioré notre compréhension historique complexe de certains objets patrimoniaux et nous a donné un regard révélateur sur l’immigration d’origine écossaise dans la province.

Lorsque le couvre-lit brodé a été donné au MNB, il était réputé avoir servi à une famille Hutchison de la région de Miramichi au Nouveau-Brunswick. Des recherches plus poussées ont révélé que la grand-tante des donatrices était Elizabeth Stuart (Stewart) Mackie (v. 1817-1867) qui avait épousé Richard Hutchison (1812-1891) de Douglastown, au Nouveau-Brunswick, le 20 mars 1843. Richard Hutchison était né à Glasgow, en Écosse, et avait immigré au Nouveau-Brunswick en 1826. Elizabeth Stuart Mackie serait née à Aberdeen, en Écosse, fille d’Alexander Mackie (v. 1781-1858), natif de Leith, qui avait vécu à Aberdeen, et de sa femme, Elizabeth Stuart (Stewart) (v. 1782-1854). D’après le recensement de 1851, ils avaient immigré au Nouveau-Brunswick en 1832. Bien que ces faits n’apportent aucune certitude, ils renforcent la probabilité que le couvre-lit vienne d’Écosse et habilitent pertinemment le Musée du Nouveau-Brunswick à faire valoir les aspects du transfert culturel au milieu du XIXe siècle dans la province, et à en discuter.

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Fabricant inconnu (probablement écossais ?)
Couvre-lit (jeté taatit ou jeté de lit), 1800-1850
Laine brodée sur armure (tissage) en tabis
221 x 157,5 cm
Provenance : Utilisé par la famille Hutchison de Douglastown, au Nouveau-Brunswick [Descendance probable : Richard Hutchison (1812-1891) et Elizabeth Stuart Mackie Hutchison (v. 1817-1867); à sa sœur, Alexina Stuart Mackie Keay (1831-1909) et son mari, le révérend Peter Keay (1826-1873); à son fils, Richard Hutchison Keay (1864-1944) et sa femme, Ada Margaret Fraser Keay (1871-1957); à leurs filles, Alexina Margaret Keay (1904-1987) et Janet Elder Keay (1913-2000)]
Don de Margaret Keay et Janet Keay, 1961 (1961.42)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, Musée du Nouveau-Brunswick

L’esprit des Fêtes au Musée du Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick célèbre depuis longtemps des traditions du temps des fêtes transmises de génération en génération. Nous vous en présentons ici un aperçu. Ces charmants souvenirs des Fêtes d’antan proviennent des collections de la section Archives et bibliothèque de recherche du Musée du Nouveau-Brunswick.

Archives et bibliothèque de recherche recèle des trésors photographiques ainsi que des articles publiés ou non sur le temps des fêtes qui relatent l’histoire du Nouveau-Brunswick. Cette gamme s’enrichit de traditions d’autrefois, qu’elles soient acadiennes, écossaises, anglaises, irlandaises ou autres.

« A visit from St. Nicholas », un poème puisé dans les archives du Musée du Nouveau-Brunswick

Écrit par Clement Clarke Moore (1779-1863), ce poème porte aussi le titre bien connu « Twas the Night before Christmas », mais saviez-vous qu’il a un lien avec le Nouveau-Brunswick?

Parmi les documents de la famille Odell qui sont conservés dans les archives du MNB, se trouve une version manuscrite de « A visit from St. Nicholas ». Elle remonte à 1825 et a vraisemblablement été écrite en 1825 de la main de la fille de Jonathan Odell, Mary. Il faut préciser que la famille Odell faisait partie des Loyalistes arrivés au Nouveau-Brunswick en 1784. À New York, d’où les Odell sont venus, ils étaient amis avec la famille Moore avant la révolution américaine. Jonathan Odell, nommé premier secrétaire de la province du Nouveau-Brunswick, était le parrain de Clement Moore. Lorsque les Odell ont quitté New York, les familles ont entretenu une correspondance pendant plusieurs décennies.

Doué pour les langues et la musique, Clement Clarke Moore a obtenu, en 1798, un diplôme de Columbia College. Devenu professeur au General Theological Seminary de l’Église protestante épiscopale à New York, il a enseigné la littérature orientale et grecque jusqu’à sa démission, en 1850. Comme il avait également étudié l’hébreu, il a publié, en deux volumes, A Compendious Lexicon of the Hebrew language (1809).

La version originale du poème a été écrite en 1822 par Clement Clarke Moore sous le titre « A visit from St. Nicholas » et était destinée à ses enfants. L’histoire veut qu’il ait été retranscrit par une invitée de la famille qui l’aurait donné à la presse de Troy, dans l’État de New York; il a été publié anonymement dans l’édition du 23 décembre 1823 du Troy Sentinel. Le poème n’étant pas de nature universitaire comme tous ses autres écrits, Moore ne tenait pas à en reconnaître la paternité. En 1844, il figurait toutefois dans un recueil de sa poésie.

Ce document et des exemples de la correspondance échangée entre Clement Clarke Moore et la famille Odell font partie des collections d’archives du MNB.

Odell-F15-5 pg1Extrait du poème « A Visit from St. Nicholas » de Clement C. Moore, manuscrit par Mary Odell, v. 1825. Odell Family fonds F15-5

Les collections qui font découvrir l’esprit des Fêtes au Nouveau-Brunswick contiennent aussi des cartes de souhaits, cartes postales, lettres, chansons et poèmes exprimant les vœux et les sentiments de cette période festive de l’année. On y trouve aussi des photographies historiques; des annonces d’activités en plein air telles que du patinage et des promenades en traîneau; des exemples d’articles saisonniers vendus dans les commerces locaux; des menus de repas des Fêtes organisés par des hôtels et d’autres établissements pouvant comprendre les mets suivants : sauce réforme, langue salée, crème glacée Kummel Eckau, piccalilli, nesselrode, crapaudine et sauce Victoria.

Ci-dessous, un aperçu des collections illustrant quelques traditions des Fêtes au Nouveau-Brunswick.

1946-11
Inconnu
photographie
Vue intérieure de la patinoire Victoria, Saint John, Nouveau-Brunswick
v. 1870
1946.11

1987-17-379
Valentine & Sons Publishing Company Limited
carte postale
The Christmas Market, Fredericton, New Brunswick
v. 1910
Collection William Francis Ganong
1987.17.379

NANB-SJGenHosp-15
Inconnu
photographie
Infirmières, élèves-infirmières et enfants fêtant Noël à l’hôpital général de Saint John, Nouveau-Brunswick
v. 1950
Association des infirmières et infirmiers du N.-B.
NANB-SJGenHosp-15

NANB-SJGenHosp-115
Louis Merritt Harrison
photographie
Infirmières interprétant des chants de Noël à l’hôpital général de Saint John, Nouveau-Brunswick
Au centre, Mlle Louise Peters, directrice adjointe du Service infirmier
v. 1955
Association des infirmières et infirmiers du N.-B.
NANB-SJGenHosp-115

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Échantillon de cartes de souhaits provenant des archives du MNB.

Printed Eph-F76-8
Menu de l’année 1900, Royal Hotel, Saint John, N.-B.

1967-81-1-2
Inconnu
Photographie
Premier chargement de sapins de Noël expédiés de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, à Boston, Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) n° 71
R. Merryweather, pompier, et Robert Donaldson, ingénieur
11 décembre 1905
Collection George L. Brown, don de Charles A. Brown, 1967
1967.81.1.2

Dans les collections d’archives du Musée historique juif de Saint John, qui font partie des archives du MNB, se trouvent aussi des documents relatifs à la célébration de Hannoucah, la fête des Lumières, par la communauté juive. En novembre 2016, nous publierons un blogue sur Hannoucah au Nouveau- Brunswick.

La version manuscrite du poème « A visit from St. Nicholas » de Clement Clarke Moore et plusieurs autres articles du temps des fêtes provenant des archives du MNB seront présentés au Centre d’exposition du MNB du jeudi 15 décembre 2015 au dimanche 3 janvier 2016.

Cabinets de curiosités – Réflexions sur les crustacés et mollusques

À titre d’établissement muséal provincial, le Musée du Nouveau-Brunswick s’associe à des établissements et des communautés pour collectionner, préserver, étudier et interpréter le matériel en vue de favoriser la compréhension et l’appréciation du Nouveau-Brunswick, autant chez nous qu’ailleurs dans le monde. Une de ces initiatives reproduit le concept des Cabinets de curiosités présenté jusqu’au 29 novembre 2015 à la galerie d’art Owens de Sackville (N.-B.). On y présente une sélection d’œuvres d’arts, d’exemples des arts décoratifs et de spécimens scientifiques provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick qui viennent compléter les objets provenant de la collection de l’Université Mount Allison. L’art et la science s’y rejoignent sous des thèmes communs mettant en évidence les fascinantes relations entre ces deux disciplines.

L’apport du Musée du Nouveau-Brunswick à cette exposition relevait de la responsabilité de Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, et il nous explique que son inspiration est venue d’une petite gouache de Jack Weldon Humphrey intitulée Crustaceans provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick. « Dans sa relation modeste avec l’abstraction, elle a des formes et couleurs qui suggèrent des créatures – crustacés et mollusques – résidant dans les myriades de niches des rivages limitrophes du territoire pictural maritime de Humphrey. Par tradition, les conventions de diverses formules de symbolisme font en sorte d’illustrer les attributs de ténacité, de protection, de fertilité et de résurrection qu’on associe aux animaux aquatiques représentés. Certains pourraient prétendre que ces caractéristiques forment aussi un cadre où s’insère la conception des musées eux-mêmes ainsi que les attentes émanant de leurs objectifs premiers, soit la préservation, la présentation et l’interprétation. Ce tableau trouve alors son sens dans la relation entre la diversité des artéfacts et des spécimens trouvés dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick et le rôle de dépositaire d’information matérielle, de fabricant de culture et de lieu d’échange de points de vue que cette institution peut jouer. »

1
Jack Weldon Humphrey (Canadien, 1901-1967)
Crustaceans, 1952-1953
Pinceau, encre noire et gouache sur papier vélin
Support : 24,9 x 32,4 cm
Don de Lawren Phillips Harris, 1987 (1987.21)

« Les objets choisis pour cette exposition témoignent de l’inspiration durable puisée dans le monde naturel par les styles et coutumes des beaux-arts et des arts décoratifs, ajoute Peter Larocque. Un large éventail de moyens nous permet de le constater; soit l’imitation de formes naturelles par les objets, soit l’intégration de créatures elles-mêmes (ou de parties ou sections de celles-ci) dans un artéfact, soit la transformation d’objets naturels par la main humaine. »

2
Belleek Pottery Company (Irlande, fondée en 1858)
Service à thé en porcelaine Neptune 1955‑1965
Hors tout : 14,5 x 22,5 cm [théière], 6 x 10 cm (sucrier), 8,2 x 11,5 cm (crémier)
Don de Frances Meltzer Geltman, 1995 (1995.46.4.1-3)

Le service à thé ci-dessus dénote bien la fascination persistante par les formes naturelles et la virtuosité technique. Sous le thème de Neptune, le motif de ces pièces rappelle à l’observateur la mythologie classique et évoque une association avec la mer.

3
NBMG 3636
Phylum Mollusca, classe des céphalopodes
ammonite
Hors tout : 13 x 12,4 x 4 cm
Provenance inconnue
Donateur et date inconnus
De la collection de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick

La coquille en spirale des ammonites fossiles se voit couramment dans les roches du Jurassique et du Crétacé. Le Nouveau-Brunswick compte peu de fossiles de cette division géochronologique, mais la collection du Musée du Nouveau-Brunswick comprend quelques spécimens d’ammonites, la plupart donnés par des membres de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick au XIXe siècle.

« Certains objets ont été choisis pour leur valeur esthétique, d’autres pour faire réfléchir à leur fonction, explique M. Larocque. Ces spécimens et objets sont réunis pour consigner le passage du temps. Ils témoignent de millénaires anciens, évoquent la mythologie classique et illustrent notre utilisation évidente des ressources naturelles. Cette combinaison représentative d’articles attire l’attention non seulement sur leur apparence intrinsèque, mais aussi sur leur fragilité. Les avoir réunis sous-entend qu’un lieu est nécessaire pour pouvoir les examiner et les observer de près. Voilà une belle façon de concevoir le rôle d’un musée. »

4
Fabricant inconnu (Barbade)
Valentin de marin, v. 1830-1880
bois de cedro, papier, nappe ouatée et verre
25,4 x 49,6 cm
Don de Frederick G. Godard, (7085)

Fabriqués à partir du début du XIXe siècle et louangés pour leur délicatesse et leur sensibilité, les valentins de marins sont associés à la séparation et à l’incertitude des voyages en mer. Produits dans les Antilles, à la Barbade en particulier, ces souvenirs étaient achetés par des marins de passage pour exprimer leur affection à leur petite amie et à un être cher.

5
Mme Lolar (Passamaquoddy)

Panier en forme d’oursin, v. 1908
Éclisses de frêne teintes et tissées avec foin d’odeur
Hors tout : 9 x 21 x 21 cm
Don de Mme H.R. Wilson, 1909 (5197.2)

Tressé à partir des plus fines éclisses de frêne et de foin d’odeur, ce panier est un bel exemple des connaissances de la mer acquises par la Première Nation Passamaquoddy dans son territoire traditionnel bordant la côte nord de la baie de Fundy. Il reprend la forme de l’oursin vert, abondant dans son habitat formé par la zone intertidale du rivage rocailleux.

6
Fabricant inconnu (japonais)

Cadeau présenté pour commémorer une contribution à la construction d’une église, comté d’Umikami, province de Chiba, Japon, avant le 23 novembre 1925
Coquillage sculpté
Hors tout : 19 x 22 x 2 cm
De la collection Loretta L. Shaw, 1939 (32622)

La surface de ce coquillage se prête bien à l’expression artistique. Sa forme naturelle est respectée et rehaussée par l’ajout du koï subtilement sculpté suivant les couches et les reflets naturels de la nacre. L’association de la représentativité et de la matière dénote la persévérance et la force, un cadeau convenant bien à un missionnaire canadien résolu à transmettre un savoir occidental au Japon.

À la hauteur : Les stagiaires d’été du MNB en zoologie préparent des spécimens de chauves-souris d’avant le syndrome du museau blanc

Dans l’Est du Canada, le syndrome du museau blanc (SMB) décime depuis six ans les populations de chauves-souris. Ce champignon microscopique qui se développe en basses températures amène souvent les chauves-souris hibernantes à se réveiller, à voler au froid et à geler mortellement. Au Canada, le SMB a été découvert d’abord en Ontario et au Québec en 2009. Dans les Maritimes, la maladie a été constatée au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse en 2011, puis à l’Île-du-Prince-Édouard en 2013. La situation est devenue désastreuse. À une époque, le zoologue Donald McAlpine, Ph.D., et l’associée de recherche Karen Vanderwolf, tous deux rattachés au MNB, répertoriaient environ 7000 chauves-souris par année dans les 10 sites d’hibernation du Nouveau-Brunswick qu’ils surveillent; l’année dernière, ils n’en ont trouvé que 20 dans les mêmes grottes. Le SMB touche surtout la petite chauve-souris brune et l’oreillard roux et, dans une moindre mesure, les sérotines brunes. Un petit nombre de chauves-souris a une incidence directe sur l’économie agricole et forestière en ce sens que ces bestioles jouent un rôle important dans ces industries en consommant les insectes qui nuisent aux cultures et aux arbres.

L’été dernier des stagiaires en zoologie du MNB (Maddie Empey, Alyson Hasson et Neil Hughes) se sont employés à préparer et cataloguer les quelque 7000 petites chauves-souris brunes, oreillards roux et sérotines brunes de l’Ontario, du Québec et des provinces maritimes qui se trouvent dans les congélateurs du MNB. Ces spécimens provenaient du grand public en vue du dépistage de la rage par un laboratoire fédéral d’Ottawa. Ils ont été donnés pendant la période allant de 1986 jusqu’au début des années 2000, soit avant la découverte du syndrome du museau blanc au Canada. Les chauves-souris qui se trouvent au MNB ne sont pas porteuses de la rage.

Les données obtenues cet été permettront aux chercheurs de comparer la variation génétique de ces chauves-souris de l’Est du Canada avant l’apparition du SMB. Il se peut, par exemple, que certaines chauves-souris survivantes présentent des ressemblances dans leur patrimoine génétique. Une autre recherche pourrait utiliser des échantillons de fourrure pour déterminer le taux de substances toxiques, entre autres le mercure, provenant de l’environnement des chauves-souris.

« Cet échantillonnage est unique en ce sens qu’il constitue probablement la plus grande collection des espèces de chauve-souris les plus touchées par le SMB juste avant que cette infection fongique survienne, explique M. McAlpine. Une fois inscrits dans les archives du MNB, ces échantillons seront une source de données intéressantes pour la recherche pendant de nombreuses années. »

« C’est vraiment intéressant de voir qu’on contribue à de telles recherches », commente Maddie Empey.

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La stagiaire du NBM Maddie Empey tient des spécimens de chauves-souris écorchées.

Les stagiaires commencent par mesurer la chauve-souris : la longueur du corps entier, de la queue, du pied arrière, de l’avant-bras, du tragus (saillie aplatie qui prend naissance dans l’oreille et qui joue un rôle dans l’écholocation [mode d’orientation de certaines espèces dans le noir]). La bestiole est aussi pesée.

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La peau est séparée du corps. Quoique les os de l’aile restent avec la peau, le reste du squelette est conservé pour être nettoyé et préparé plus tard.

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La peau de chaque chauve-souris est étendue et épinglée pour sécher. Une fois sèche, la peau sera déposée dans une enveloppe transparente en Mylar et conservée pour référence future.

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Des échantillons de tissu – de petits morceaux de muscle – sont prélevés de chaque carcasse, déposés dans de l’éthanol à 98 % et conservés dans un congélateur. Les échantillons de tissu de chaque chauve-souris à -80 o C sont inscrits dans les archives de la collection de tissus du MNB en vue d’une analyse génétique éventuelle par un collaborateur de la recherche du MNB à l’Université Trent.

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Finalement, les carcasses sont placées dans la colonie de dermestidés – ou étable à insectes – pour être transformées en squelettes. Les insectes ne mangent que la chair, ce qui donne des squelettes parfaitement nettoyés. Après leur nettoyage par les insectes, les squelettes sont retirés, congelés, décongelés et recongelés afin de veiller à ce qu’aucun insecte, œuf ou larve ne se retrouve dans le MNB.

« Si ces insectes arrivent ici [dans le Musée], ils vont manger tout et n’importe quoi », explique Mme Empey. Une fois nettoyés et congelés, les squelettes peuvent être archivés dans la collection du MNB pour servir de référence aux fins de recherches.

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Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du coin supérieur gauche : le préparateur du MNB Brian Cougle et une colonie de dermestidés; M. Cougle montrant des larves de dermestidés; Mme Empey devant un congélateur au laboratoire de nécropsie du MNB.

Pour en savoir plus sur le rôle crucial du Musée du Nouveau-Brunswick dans la recherche sur le syndrome du museau blanc, voyez cette vidéo qui illustre l’ampleur du syndrome découvert au Nouveau-Brunswick. (en anglais)

Travaux de restauration d’un Memento mori acadien

En tant que musée provincial, non seulement le Musée du Nouveau-Brunswick s’occupe de ses propres collections, mais il offre aussi son soutien aux autres musées de la province. À titre d’exemple ce memento mori – objet qui rappelle à l’être humain sa mortalité – appartenant au Musée Acadien de Caraquet avait besoin d’être restauré en vue de son exposition au Musée acadien de l’Université de Moncton. La conservatrice-restauratrice du MNB Dee Stubbs-Lee a pu exécuter le travail nécessaire pour que l’artéfact fasse partie de la prochaine exposition, Toujours aimé, jamais oublié : la mort et le deuil en Acadie.

Peu de détails à propos du memento mori sont connus, sauf qu’il est dédié à la mémoire d’Anna Duguay, femme d’Alf. LeBoutillier, décédée le 8 juin 1910 à l’âge de 26 ans. L’objet représente une scène de cimetière dominée par une grande croix en cire, où se trouvent une croix plus petite et un cercueil, sous une cloche en verre. L’artéfact est orné d’une guirlande en cheveux tressés, qui semble fabriquée au moyen des cheveux d’au moins 14 personnes.

« En regardant attentivement, on peut voir que les cheveux ne viennent pas de la même personne : ils sont de différentes couleurs et textures, commente Mme Stubbs-Lee. Pendant l’examen que j’ai fait pour mon rapport d’état, j’ai remarqué bon nombre de petits carrés de papier numérotés. Il est possible que chaque numéro corresponde à une personne différente. »

Memento Mori 1Memento Mori 2Memento Mori 3Memento Mori 4Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du coin supérieur gauche : le memento mori après traitement, sans sa cloche en verre; le memento mori après traitement, sous sa cloche en verre; vue détaillée de la bande de papier donnant des renseignements à propos d’Anna Duguay; vue détaillée de la guirlande en cheveux.

Le premier défi posé par le memento mori est revenu à la conservatrice du MNB, Claire Titus : le transport de l’artéfact au Centre des collections et de la recherche du MNB à Saint John sans l’abimer. L’objet devait rester à la verticale avec sa cloche en verre en place pour protéger la croix en cire et la guirlande. Cependant, il fallait aussi empêcher le verre d’être cassé et d’entrer en contact avec les éléments intérieurs de l’objet. Mme Titus a donc transporté l’article dans un grand contenant Rubbermaid auquel on avait ajouté un matériau de calage non acide afin d’absorber la vibration produite par le mouvement.

Une fois l’objet arrivé au laboratoire de conservation-restauration situé au Centre des collections et de la recherche du MNB, Mme Stubbs-Lee a pris le relais. La restauration comportait plusieurs aspects : nettoyer le verre, laver le textile, aspirer la moisissure et les insectes des rainures, stabiliser le papier, remplir et stabiliser la cire fissurée. Et tout devait être fait moyennant un minimum de contact avec la fragile guirlande de cheveux, dont l’état était relativement bon malgré de légères morsures d’insectes par endroits, mais que le temps avait rendu friable.

Une fois la proposition de traitement approuvée par le Musée Acadien de Caraquet, Mme Stubbs-Lee a entrepris de nettoyer la cloche en verre au vinaigre; utilisant un scalpel chirurgical, elle en a ensuite retiré la saleté incrustée. L’étape suivante consistait à nettoyer à sec et à retirer l’épaisseur de fil chenille violacé qui encerclait la scène du cimetière et qui était extrêmement poussiéreux en plus d’avoir été infesté par la moisissure et les insectes.

Memento Mori 5Memento Mori 6
De ga
uche à droite : la restauratrice Dee Stubbs-Lee du MNB nettoie à sec, au moyen d’un aspirateur et d’instruments dentaires, la rainure recevant la cloche en verre; une carcasse d’anthrène adulte et un cocon larvaire trouvés pendant l’examen et le nettoyage.

Par la suite, la chenille a été lavée à l’eau. Avant de submerger l’étoffe, la restauratrice a fait un essai à l’eau distillée tiède dans une pipette pour vérifier que la teinture violette ne serait pas délavée. Le tissu a ensuite été immergé dans un bain d’eau distillée et de détergent doux destiné à cette fin. L’eau distillée est utilisée dans les traitements de restauration parce qu’elle contient moins d’impuretés, par exemple des particules de métal qui pourraient endommager l’artéfact avec le temps. Après son lavage, la chenille a été épinglée pour sécher.

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De gauche à droite : la chenille trempe dans l’eau distillée et un détergent de restauration; la chenille est épinglée de manière à l’empêcher de rétrécir en séchant.

Quelques fragments de papier sur lesquels des parties de noms étaient inscrites ont été trouvés avec l’artéfact. Malheureusement, les sections manquantes et le mauvais état du papier ont rendu leur restauration impossible; par contre, les fragments ont été soigneusement consignés et conservés aux fins de recherche.

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Photo : Fragments de papier portant des inscriptions en cours d’examen au microscope.

Mme Stubbs-Lee s’est ensuite appliquée à stabiliser les fissures dans la grande croix de cire. Pendant un certain temps après sa construction, le memento mori a subi des fluctuations extrêmes de température; la chaleur faisant fondre la cire en partie et le froid entraînant probablement la fissuration.

« En restauration, nous tentons d’utiliser des matériaux semblables aux originaux parce qu’ils réagissent à l’environnement de la même manière », explique Mme Stubbs-Lee. Étant donné que la composition exacte de la cire originale était inconnue, la restauratrice a donc tenté de combler les fissures à l’aide d’un matériau stable, mais un peu plus malléable que la cire originale. Ce faisant, tout dommage ultérieur serait absorbé par la nouvelle matière plutôt que par l’artéfact original.

« Chaque fois qu’il faut faire du remplissage dans une œuvre d’art – dans ce cas-ci, la cire – il faut veiller à ce que l’adhésif ou la matière insérée soit plus vulnérable que l’original, explique-t-elle. De cette manière, si quelque chose doit céder, ce sera le nouveau matériau et non l’original qui entoure la réparation. Par exemple, des adhésifs plus forts ne sont pas nécessairement meilleurs. »

Au moyen d’instruments dentaires, Mme Stubbs-Lee a rempli la principale fissure de coton chirurgical, un tissu de coton stérile fabriqué pour des applications médicales, mais utile pour divers usages dans un laboratoire de restauration. S’il y a lieu dans l’avenir, on pourra facilement retirer la bourre de coton.

« Un des principes éthiques qui guide la restauration est l’idée que si une modification de l’artéfact découle de notre travail, la réparation reste réversible en permanence », précise-t-elle.

Après avoir enduit le coton d’une couche de cire orthodontique, Mme Stubbs-Lee l’a doucement mis en place au moyen de pincettes. La cire a été couverte d’une couche de Mylar (pellicule transparente de polyester) enduite de silicone, puis retouchée ensuite au moyen d’un fer à coller à faible intensité pour qu’elle se répande dans la fissure.

« J’ai dû réchauffer la cire juste assez pour qu’elle fonde un peu et se répande uniformément dans la zone à remplir, en prenant soin de ne pas faire fondre la cire originale de l’artéfact. La pellicule de protection en Mylar couverte de silicone n’adhérera pas à la cire et la surface qui en résultera sera bien malléable pour qu’on lui donne sa forme. J’ai ensuite utilisé divers petits outils et mes doigts pour façonner la cire suivant le même profil que l’artéfact original. »

Memento Mori 10Memento Mori 11 and 12Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir de la gauche : vue détaillée d’une grande fissure dans la croix avant sa restauration; mise en place de la bourre de coton chirurgical dans le grand interstice; la bourre en cire est amollie au fer à coller réglé à basse température.  

Pour terminer le traitement, Mme Stubbs-Lee a fait des recommandations quant à la manière de prendre soin du memento mori, entre autres en ce qui concerne l’éclairage et la température.

« Une grande partie du travail de restauration est le nettoyage et la réparation. C’est un aspect important de ce que nous faisons, commente-t-elle. C’est même souvent ce qui attire les restaurateurs, mais la restauration s’inscrit dans une démarche beaucoup plus globale. Notre travail consiste en grande partie à prévoir tous les facteurs de risque pour l’artéfact et à trouver ce qu’on peut faire pour réduire la probabilité d’endommagement. »

Il sera possible de voir le memento mori restauré au Musée acadien de l’Université de Moncton du 7 octobre au 17 avril 2016.

La collection de courtepointes du MNB : sa petite histoire du 18e siècle au Nouveau-Brunswick contemporain

Les courtepointes racontent la petite histoire entourant leurs créateurs. Le Musée du Nouveau-Brunswick (MNB) a la chance d’avoir une collection d’anecdotes allant du 21e siècle aux années 1700.

Le MNB a acquis sa première pièce de literie en 1927. Depuis lors, il est entré en possession de 411 courtepointes, entre autres articles de literie. À l’aube de sa collection, les courtepointes étaient habituellement perçues comme des textiles de maison vieillots. Des vestiges de l’époque coloniale ou de l’esprit des pionniers. La tradition au Nouveau-Brunswick voulant qu’une femme prépare, pour son trousseau, une douzaine de courtepointes pratiques et une 13e plus élaborée, en a fait de banals textiles de maison.

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La plus ancienne courtepointe de la collection du MNB. Fabricant inconnu, 1770-1800 (trouvée à Campobello, comté de Charlotte, Nouveau-Brunswick). Collection John Corey de textiles domestiques, 2003. Pièce entière de laine piquée et cousue à la main avec nappe ouatée en laine.

Il faudra attendre les années 1960 et 1970 pour qu’on réattribue une certaine importance aux courtepointes et qu’un renouveau dans la confection de courtepointes fasse écho au mouvement féministe.

« Notre perception des courtepointes est maintenant beaucoup plus large […] un des moyens faisant entendre la voix des femmes du passé », commente Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick.

« Un examen approfondi des courtepointes nous ouvre l’accès au mode de vie des femmes, à leur façon de travailler et de communiquer. Ces courtepointes sont devenues plus que des objets; on se rend compte qu’elles racontent, affirment et prennent position. »

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Courtepointe à pointes folles de Violette Emily Dibblee et Carlysle Eulalie Hopkins, Saint John, Nouveau-Brunswick 1886-1888. Don de V. Hazel Dibblee, 1952.
Violette Emily Casey a épousé Beverley Newton Howard Dibblee le 29 mars 1886 à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Cette courtepointe originale incorpore des portraits de « Vie » et « Bev » sous forme de photographies imprimées sur la soie.

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Courtepointe de Celia Elizabeth Lapointe et William Edward Lapointe, St. Marys, comté d’York, Nouveau-Brunswick, 1940-1950. Don de Susan Steen, à la mémoire de Celia Elizabeth Whitlock Lapointe et de William Edward Lapointe, 2009.
Résultat d’un projet conjoint du couple, cette courtepointe présente des dessins faits par lui sur le tissu, qu’elle a ensuite brodés et intégrés. Les personnages de dessins animés (de gauche à droite), Popeye et « Der Inspector » des Katzenjammer Kids.

Bon nombre des courtepointes du MNB sont des dons de John J. Corey, consultant en histoire de Butternut Ridge, Havelock, qui a développé une spécialisation et un intérêt pour les textiles. Non seulement M. Corey collectionnait les courtepointes historiques, mais il en dessinait et en faisait aussi confectionner. Par exemple, celle de gauche, ci-dessous, est une courtepointe historique de Tressa Annie Thorne, tandis que celle droite a été conçue par M. Corey avec des appliqués de Retta Lucy Hicks d’après le modèle plus ancien.

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À gauche : Tulips Quilt (Courtepointe Tulipes) de Tressa Annie Thorne, 1920-1930. Collection John Corey de textiles domestiques, 2003.
À droite : Tulips Quilt (Courtepointe Tulipes), incorporant des appliqués de Retta Lucy Hicks d’après Tressa Annie Thorne. Piquée par la société Middle Sackville Baptist Ladies’ Aid, 1970-1985. Don de John J. Corey, 2013.

Bien qu’il possède une superbe collection de courtepointes historiques, le MNB s’efforce de la tenir à jour en y ajoutant des pièces contemporaines du Nouveau-Brunswick. Kathy Coffin, membre regretté de la Marco Polo Quilters Guild, avait suggéré au Musée du Nouveau-Brunswick d’enrichir sa collection en incluant, tous les deux ans, une courtepointe contemporaine par l’entremise de l’exposition biennale de la guilde. Mme Coffin a créé et vendu un carré de courtepointe représentant l’emblème floral de la province, puis elle a utilisé l’argent de la vente de ce patron pour acheter la première œuvre primée du New Brunswick Contemporary Quilt Award (Prix de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick), un prix biennal attribué par un jury.

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Les trois premiers gagnants du concours biennal de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick.
À gauche : Railways in a Northern Land par Donna K. Young, Fredericton, Nouveau-Brunswick, 2004. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick de la Marco Polo Quilters’ Guild, 2011.
Au centre : When Compasses Collide par Juanita Allain, Riverview, Nouveau-Brunswick, 2002-2006. D’après Sheila Wintle. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick, achetée avec des fonds fournis par la Marco Polo Quilters Guild, Donna K. Young, Marilyn Peabody, Maggie Coffin Prowse et la Fundy Sewing Guild, 2013.
À droite : Baltimore Bouquet par Gail Fearon, New Line, Nouveau-Brunswick, 2011. D’après Mimi Dietrich. Prix de la courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick, achetée avec des fonds fournis par Juanita Allain, Marilyn Peabody, Woodstock Quilt Guild et John J. Corey, 2015.

Le prix le plus récent a été décerné à Baltimore Bouquet par Gail Fearon de New Line, au Nouveau-Brunswick. Cette courtepointe reprend un style du milieu du 19e siècle qui juxtapose différents modèles de carrés. Sous leur nom de courtepointes Baltimore Album, elles étaient très à la mode sur toute la côte Est. L’œuvre est un ajout particulièrement estimable à la collection du MNB du fait qu’il s’agisse de son premier exemple de courtepointe Baltimore Album.

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Baltimore Bouquet exposée au MNB et (de gauche à droite) Gail Fearon, lauréate; Carolyn Wishart, présidente de la Marco Polo Quilters’ Guild; Peter J. Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick.