Série d’ateliers du Musée du Nouveau-Brunswick teintures naturelles avec Denise Richard

Dimanche 29 mai, de 13 h à 17 h : le Musée du Nouveau-Brunswick vous invite à participer à un atelier d’une journée sur les teintures naturelles, animé par l’artiste néo-brunswickoise Denise Richard.

Cet atelier permettra aux participants d’explorer diverses teintures provenant notamment des plantes, des racines, du bois et des insectes. Vous y apprendrez également à noter vos méthodes, à monter une palette d’échantillons et à suivre des techniques Shibori simples pour créer un foulard en soie unique en se servant de teintures naturelles. Peter Larocque, conservateur du MNB, présentera brièvement quelques beaux exemplaires de la collection des œuvres fabriquées à partir de techniques de teintures naturelles.

Le MNB a voulu en savoir plus à propos de Denise et de son art. La suite vous en apprendra davantage sur sa carrière et ce que les participants peuvent attendre de l’atelier!

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Denise Richard est titulaire d’un diplôme en art, artisanat et design de la Kootenay School of the Arts du Collège Selkirk, en Colombie-Britannique. Artisane-designer multidisciplinaire, son travail en studio focalise sur le feutre teint naturellement et présenté en formes sculpturales et fonctionnelles. Ses œuvres ont fait partie d’expositions collectives ou individuelles au Canada et en Europe. Denise enseigne depuis 2005; elle enseigne actuellement aux studios des arts visuels et des arts textiles du New Brunswick College of Craft and Design (NBCCD).

MNB : Parlez-moi un peu de ce que vous faites. Des matériaux que vous utilisez et où vous puisez votre inspiration?
DR : Mon art créatif a évolué au fil des années, mais je m’intéresse particulièrement aux techniques. J’apprends continuellement des techniques qui imprègnent mes nouvelles œuvres. Par exemple, j’ai appris à feutrer et j’ai exploré ce médium autant que possible pour divers produits. Je peux faire un peu de tout… tapis en laine bouillie, meubles, vêtements, marionnettes inspirées de Jim Hanson, masques en feutre pour la scène… je ne me limite pas, même que je défie la désuétude. Je veux concevoir des articles fonctionnels, fabriqués de matériaux naturels de qualité qui dureront longtemps. Je teins mes fibres et textiles moi-même et je crée mes propres matériaux pour divers projets. Je travaille surtout avec la laine, la soie, le crin de cheval, le lin et le cuir.

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Fille de Mer, Denise Richard

MNB : Si vous n’étiez pas artiste et enseignante, que feriez-vous?
DR : Si je n’étais pas designer et enseignante, je serais marionnettiste.

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Headpieces, Denise Richard

MNB : D’après ce que je comprends, le théâtre vous intéresse et vous avez créé des costumes pour plusieurs productions. De quelle manière le théâtre influence-t-il votre travail de création et vice-versa?
DR : Ce qui m’attire vers le théâtre, c’est la collaboration avec le directeur artistique pour créer un monde inédit capable de convaincre les spectateurs qu’ils sont comme une mouche sur un mur qui observe l’histoire de quelqu’un d’autre. J’aime voir mon travail prendre vie sur scène et la manière dont le public réagit à l’œuvre.

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Mouse King, Denise Richard

MNB : Est-ce que vous avez des talents cachés que peu de gens connaissent?
DR : Mon talent caché? Je suis plutôt intrépide quand il s’agit de mon travail; je n’ai pas peur de prendre des risques.

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Mask, Denise Richard

MNB : Y a-t-il des artistes ou artisans, vivants ou morts, qui vous inspirent?
DR : J’admire beaucoup de grands designers et artistes, mais les deux qui m’influencent en ce moment sont Philippe Starck et Alexander McQueen. Alexander McQueen était avant tout un artisan extraordinaire. Je n’ai jamais vu quelqu’un manipuler le tissu à sa façon. Quant à Starck, c’est un designer audacieux qui utilise divers médiums en même temps, il innove énormément à partir des matériaux.

Lampe de Philipe Starck et robe d’Alexander McQueen.

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Photo : www.phillipstarck.com; http://www.metmuseum.org/alexandermcqueen

MNB : Qu’est-ce que les participants peuvent espérer apprendre le 29 mai?
DR : À l’atelier sur les teintures naturelles, les apprenants vont pouvoir explorer divers genres de teintures à partir de plantes, de racines, de bois et d’insectes. À la fin de la journée, ils auront appris à remplir des fiches techniques sur leurs méthodes, ils auront toute une gamme d’échantillons et ils auront appris des techniques Shibori simples pour teindre naturellement un foulard en soie.

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Le MNB vous invite à l’atelier de Denise le dimanche 29 mai de 13 h à 17 h!

Frais d’inscription : 99 $ pour les abonnés du MNB; 110 $ pour non-abonnés.

Inscription obligatoire pour réserver une place.

L’inscription se fait au 643-2349 ou au 1-888-268-9595.

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Des mystères à éclaircir au MNB : Assiette en verre du XVIIIe siècle provenant des Loyalistes de l’Empire-Uni

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Fabricant inconnu (école bohémienne) [peut-être l’atelier Harrach Factory, de Neuwelt, en République tchèque]
Assiette, bol ou plateau, avant 1789
verre incolore soufflé, taillé et grave
hors tout : 3 × 23,5 × 23,5 cm
Don d’Angela Huntjens et du Dr Johannes Huntjens, 2015 (2015.49)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, il est extrêmement rare de trouver encore des objets en verre du XVIIIe siècle. C’est encore plus extraordinaire qu’une pièce de service de table, autre qu’un récipient pour boisson, ait survécu et qu’on en connaisse la provenance. L’assiette de la famille du colonel Richard Hewlett, donnée au Musée du Nouveau-Brunswick en décembre 2015 par Angela Huntjens et le Dr Johannes Huntjens, est un ajout important à la collection d’articles de verrerie du MNB de l’époque loyaliste utilisés dans la province.

Cette pièce (assiette, bol ou plateau) est très probablement d’origine bohémienne. Un commentaire à son sujet, fourni par Ian Simmonds, de Carlisle, en Pennsylvanie, un spécialiste de l’histoire et de l’interprétation des premiers objets en verre de l’Amérique, suggère qu’elle pourrait avoir été fabriquée à l’atelier Harrach à Neuwelt, en République tchèque. D’après l’analyse de M. Simmonds, un livre d’échantillons de l’atelier montre des modèles de forme et de style similaires.

Le propriétaire d’origine, le colonel Richard Hewlett, a participé à la guerre de l’Indépendance américaine sous le drapeau loyaliste. Après le conflit, il s’est installé avec sa famille dans la paroisse de Hampstead (aujourd’hui Queenstown). Cet objet est resté dans la famille jusque vers 1906, année où deux descendants Hewlett l’ont offert en cadeau de mariage à un recteur anglican et à sa femme.

Le MNB possède actuellement une demi-douzaine de verres à boire de la fin du XVIIIe siècle et un boîtier à carafe contenant des verres et des bouteilles. Ces pièces semblent provenir des Loyalistes de l’Empire-Uni. Ce plateau représente bien les objets de luxe qu’appréciaient à cette époque les immigrants arrivés dans la province après la Révolution américaine.

Cet objet pourrait également permettre d’approfondir les recherches sur les courants commerciaux entre l’Europe centrale et l’Amérique du Nord au XVIIIe siècle. C’est aussi un excellent exemple comparatif pour comprendre l’éventail de procédés et de techniques de décoration du verre.

Provenance : Le colonel Richard Hewlett (1729-1789) et sa femme, Mary Townsend (1734-1819); à leur fils, Joseph Hewlett (1772-1821) et sa femme, Clarissa Winslow (1770-1861); à leur fils, le capitaine Thomas Townsend Hewlett (1793-1878) et sa femme, Ann Horsfield Sloan (1795-1870); à leurs filles, Mary E. Hewlett (1827-1916) et Eliza Winslow Hewlett (1834-1912) jusqu’à environ 1906; cadeau de mariage au révérend Canon Mansel Shewen (1876-1951) et à sa femme, Edith Olivia Bishop; donné à Ada Ruth Flemming Thompson (née en 1906); puis à sa fille, Angela Thompson Huntjens et son mari, le Dr Johannes Huntjens.

Éclaircir des mystères au Musée du Nouveau-Brunswick : Le mystère du sac de dentiste

Dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick, il se trouve un sac de dentiste découvert à Nanaimo, en Colombie-Britannique. Le sac en question est arrivé à la boutique de l’hospice communautaire de Nanaimo. Il contenait un exemplaire du faire-part publié par Dr et Mme John T. Hazelwood pour annoncer le mariage de leur fille Effie Lucretia Hazelwood à John Allen Clowes en octobre 1913 à Saint John Ouest, au Nouveau-Brunswick. Le Musée du Nouveau-Brunswick en a été avisé par la suite par Daphne Catteson, qui gère la boutique.

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sac de dentiste, v. 1890
cuir et metal
hors tout : 36 x 44 x 21 cm
Don de Nanaimo Community Hospice Society, 2015
NBM 2015.20

 


Comment ce sac de dentiste d
u Nouveau-Brunswick s’est-il retrouvé dans une boutique de la Colombie-Britannique?

La recherche effectuée par le MNB a révélé que John T. Hazelwood a été inscrit en tant que dentiste à l’annuaire 1891-1892 de Saint John après y avoir été pharmacien de 1881 à 1890. D’après l’association des dentistes, le gouverneur en conseil avait, par décret, autorisé John T. Hazelwood à exercer en 1893, mais sa pratique était limitée à certaines procédures. Son travail de pharmacien pourrait l’avoir aidé à accéder à la profession de dentiste. Bien qu’il y ait eu, à cette époque, une association de dentistes à partir de 1867 et que le Royal College of Dental Surgeons of Ontario y ait été fondé l’année suivante, c’est seulement en 1902 que l’Association dentaire canadienne a été fondée. M. Hazelwood a donc exercé sans diplôme et a appris par la pratique dans les limites où il pouvait le faire. D’ailleurs, son inscription dans l’annuaire de Saint John ne le désignait pas comme docteur. C’est un rappel important de l’état d’une profession en développement.

Il a été découvert ultérieurement qu’Effie Hazelwood et John Clowes avaient ensuite déménagé en Colombie-Britannique, donc le sac doit avoir voyagé avec eux. John Hazelwood est inscrit comme dentiste en 1915, mais pas en 1919; il est décédé en 1926. L’arrivée du sac en Colombie-Britannique est probablement postérieure à sa mort et peut-être même à celle de sa femme, Annie Garrison Rouse (décédée en 1943). John Clowes est décédé à Comox (C.-B.), en 1945 et Effie Hazelwood à New Westminster en 1969. Il est probable que le sac ait échu à Effie, puis à un de ses enfants ou à un parent pour finalement aboutir à la boutique de l’hospice.

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Une note dactylographiée a été retrouvée dans le sac; elle provenait probablement du dernier descendant.

(Dr John T. Hazelwood descendait d’une des familles loyalistes qui sont venues d’Angleterre au Canada au début des années 1800 et qui se sont établies le long du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, sur des terres concédées par le gouvernement. Des gens sont devenus agriculteurs, d’autres bûcherons et d’autres ont exercé des professions, comme notre arrière-grand-père Hazelwood. Il était dentiste et avait comme hobby l’hypnose, qu’il pratiquait comme divertissement de salon.)

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L’étiquette était sur la poignée du sac et concernait sa serrure.

 

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Exemplaire du faire-part de mariage trouvé dans le sac de dentist.

 

 

 

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DJohn T. Hazelwood, en haut-de-forme, en compagnie de son chien vers 1900

 

 

 

 

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Dr John T. Hazelwood hypnotisant un volontaire dans un salon vers 1900.

De Shetland à la Miramichi – À la découverte du patrimoine d’un couvre-lit

Mme Carol Christiansen, Ph. D., conservatrice et agente des musées communautaires au Shetland Museum and Archives, met en vedette, dans son dernier livre, Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland (publié en 2015 par Shetland Amenity Trust – ISBN 978-0-9932740-4-6) un artéfact inusité du Musée du Nouveau-Brunswick (MNB) – un couvre-lit brodé. Donné à l’origine, en 1961, comme couvre-plancher, sa fonction réelle de couvre-lit a été expliquée au début des années 1970, quand il a fait partie d’une exposition de couvre-lits américains au musée Wadsworth Athaneum de Hartford, au Connecticut. Postes Canada l’a aussi mis en vedette sur un de ses timbres en 1993.

Taatit rugs
Carol Christiansen, Ph. D. (2015). Taatit Rugs: the Pile Bedcovers of Shetland. Shetland: Shetland Heritage Publications

La méthode de fabrication inusitée du couvre-lit – une broderie à double boucle à fil de poil court plutôt que la technique au crochet plus commune – en fait un survivant unique dans la collection de literie bien dotée du Musée du Nouveau-Brunswick. La recherche de Mme Christiansen portant sur les « les jetés de lit lourds tissés en laine auxquels des fils (taats) ont été appliqués » l’a conduite à ce splendide exemple ancien. Son intérêt pour le sujet a beaucoup amélioré notre compréhension historique complexe de certains objets patrimoniaux et nous a donné un regard révélateur sur l’immigration d’origine écossaise dans la province.

Lorsque le couvre-lit brodé a été donné au MNB, il était réputé avoir servi à une famille Hutchison de la région de Miramichi au Nouveau-Brunswick. Des recherches plus poussées ont révélé que la grand-tante des donatrices était Elizabeth Stuart (Stewart) Mackie (v. 1817-1867) qui avait épousé Richard Hutchison (1812-1891) de Douglastown, au Nouveau-Brunswick, le 20 mars 1843. Richard Hutchison était né à Glasgow, en Écosse, et avait immigré au Nouveau-Brunswick en 1826. Elizabeth Stuart Mackie serait née à Aberdeen, en Écosse, fille d’Alexander Mackie (v. 1781-1858), natif de Leith, qui avait vécu à Aberdeen, et de sa femme, Elizabeth Stuart (Stewart) (v. 1782-1854). D’après le recensement de 1851, ils avaient immigré au Nouveau-Brunswick en 1832. Bien que ces faits n’apportent aucune certitude, ils renforcent la probabilité que le couvre-lit vienne d’Écosse et habilitent pertinemment le Musée du Nouveau-Brunswick à faire valoir les aspects du transfert culturel au milieu du XIXe siècle dans la province, et à en discuter.

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Fabricant inconnu (probablement écossais ?)
Couvre-lit (jeté taatit ou jeté de lit), 1800-1850
Laine brodée sur armure (tissage) en tabis
221 x 157,5 cm
Provenance : Utilisé par la famille Hutchison de Douglastown, au Nouveau-Brunswick [Descendance probable : Richard Hutchison (1812-1891) et Elizabeth Stuart Mackie Hutchison (v. 1817-1867); à sa sœur, Alexina Stuart Mackie Keay (1831-1909) et son mari, le révérend Peter Keay (1826-1873); à son fils, Richard Hutchison Keay (1864-1944) et sa femme, Ada Margaret Fraser Keay (1871-1957); à leurs filles, Alexina Margaret Keay (1904-1987) et Janet Elder Keay (1913-2000)]
Don de Margaret Keay et Janet Keay, 1961 (1961.42)
Collection du Musée du Nouveau-Brunswick

Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, Musée du Nouveau-Brunswick

L’esprit des Fêtes au Musée du Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick célèbre depuis longtemps des traditions du temps des fêtes transmises de génération en génération. Nous vous en présentons ici un aperçu. Ces charmants souvenirs des Fêtes d’antan proviennent des collections de la section Archives et bibliothèque de recherche du Musée du Nouveau-Brunswick.

Archives et bibliothèque de recherche recèle des trésors photographiques ainsi que des articles publiés ou non sur le temps des fêtes qui relatent l’histoire du Nouveau-Brunswick. Cette gamme s’enrichit de traditions d’autrefois, qu’elles soient acadiennes, écossaises, anglaises, irlandaises ou autres.

« A visit from St. Nicholas », un poème puisé dans les archives du Musée du Nouveau-Brunswick

Écrit par Clement Clarke Moore (1779-1863), ce poème porte aussi le titre bien connu « Twas the Night before Christmas », mais saviez-vous qu’il a un lien avec le Nouveau-Brunswick?

Parmi les documents de la famille Odell qui sont conservés dans les archives du MNB, se trouve une version manuscrite de « A visit from St. Nicholas ». Elle remonte à 1825 et a vraisemblablement été écrite en 1825 de la main de la fille de Jonathan Odell, Mary. Il faut préciser que la famille Odell faisait partie des Loyalistes arrivés au Nouveau-Brunswick en 1784. À New York, d’où les Odell sont venus, ils étaient amis avec la famille Moore avant la révolution américaine. Jonathan Odell, nommé premier secrétaire de la province du Nouveau-Brunswick, était le parrain de Clement Moore. Lorsque les Odell ont quitté New York, les familles ont entretenu une correspondance pendant plusieurs décennies.

Doué pour les langues et la musique, Clement Clarke Moore a obtenu, en 1798, un diplôme de Columbia College. Devenu professeur au General Theological Seminary de l’Église protestante épiscopale à New York, il a enseigné la littérature orientale et grecque jusqu’à sa démission, en 1850. Comme il avait également étudié l’hébreu, il a publié, en deux volumes, A Compendious Lexicon of the Hebrew language (1809).

La version originale du poème a été écrite en 1822 par Clement Clarke Moore sous le titre « A visit from St. Nicholas » et était destinée à ses enfants. L’histoire veut qu’il ait été retranscrit par une invitée de la famille qui l’aurait donné à la presse de Troy, dans l’État de New York; il a été publié anonymement dans l’édition du 23 décembre 1823 du Troy Sentinel. Le poème n’étant pas de nature universitaire comme tous ses autres écrits, Moore ne tenait pas à en reconnaître la paternité. En 1844, il figurait toutefois dans un recueil de sa poésie.

Ce document et des exemples de la correspondance échangée entre Clement Clarke Moore et la famille Odell font partie des collections d’archives du MNB.

Odell-F15-5 pg1Extrait du poème « A Visit from St. Nicholas » de Clement C. Moore, manuscrit par Mary Odell, v. 1825. Odell Family fonds F15-5

Les collections qui font découvrir l’esprit des Fêtes au Nouveau-Brunswick contiennent aussi des cartes de souhaits, cartes postales, lettres, chansons et poèmes exprimant les vœux et les sentiments de cette période festive de l’année. On y trouve aussi des photographies historiques; des annonces d’activités en plein air telles que du patinage et des promenades en traîneau; des exemples d’articles saisonniers vendus dans les commerces locaux; des menus de repas des Fêtes organisés par des hôtels et d’autres établissements pouvant comprendre les mets suivants : sauce réforme, langue salée, crème glacée Kummel Eckau, piccalilli, nesselrode, crapaudine et sauce Victoria.

Ci-dessous, un aperçu des collections illustrant quelques traditions des Fêtes au Nouveau-Brunswick.

1946-11
Inconnu
photographie
Vue intérieure de la patinoire Victoria, Saint John, Nouveau-Brunswick
v. 1870
1946.11

1987-17-379
Valentine & Sons Publishing Company Limited
carte postale
The Christmas Market, Fredericton, New Brunswick
v. 1910
Collection William Francis Ganong
1987.17.379

NANB-SJGenHosp-15
Inconnu
photographie
Infirmières, élèves-infirmières et enfants fêtant Noël à l’hôpital général de Saint John, Nouveau-Brunswick
v. 1950
Association des infirmières et infirmiers du N.-B.
NANB-SJGenHosp-15

NANB-SJGenHosp-115
Louis Merritt Harrison
photographie
Infirmières interprétant des chants de Noël à l’hôpital général de Saint John, Nouveau-Brunswick
Au centre, Mlle Louise Peters, directrice adjointe du Service infirmier
v. 1955
Association des infirmières et infirmiers du N.-B.
NANB-SJGenHosp-115

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Échantillon de cartes de souhaits provenant des archives du MNB.

Printed Eph-F76-8
Menu de l’année 1900, Royal Hotel, Saint John, N.-B.

1967-81-1-2
Inconnu
Photographie
Premier chargement de sapins de Noël expédiés de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, à Boston, Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) n° 71
R. Merryweather, pompier, et Robert Donaldson, ingénieur
11 décembre 1905
Collection George L. Brown, don de Charles A. Brown, 1967
1967.81.1.2

Dans les collections d’archives du Musée historique juif de Saint John, qui font partie des archives du MNB, se trouvent aussi des documents relatifs à la célébration de Hannoucah, la fête des Lumières, par la communauté juive. En novembre 2016, nous publierons un blogue sur Hannoucah au Nouveau- Brunswick.

La version manuscrite du poème « A visit from St. Nicholas » de Clement Clarke Moore et plusieurs autres articles du temps des fêtes provenant des archives du MNB seront présentés au Centre d’exposition du MNB du jeudi 15 décembre 2015 au dimanche 3 janvier 2016.

Cabinets de curiosités – Réflexions sur les crustacés et mollusques

À titre d’établissement muséal provincial, le Musée du Nouveau-Brunswick s’associe à des établissements et des communautés pour collectionner, préserver, étudier et interpréter le matériel en vue de favoriser la compréhension et l’appréciation du Nouveau-Brunswick, autant chez nous qu’ailleurs dans le monde. Une de ces initiatives reproduit le concept des Cabinets de curiosités présenté jusqu’au 29 novembre 2015 à la galerie d’art Owens de Sackville (N.-B.). On y présente une sélection d’œuvres d’arts, d’exemples des arts décoratifs et de spécimens scientifiques provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick qui viennent compléter les objets provenant de la collection de l’Université Mount Allison. L’art et la science s’y rejoignent sous des thèmes communs mettant en évidence les fascinantes relations entre ces deux disciplines.

L’apport du Musée du Nouveau-Brunswick à cette exposition relevait de la responsabilité de Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, et il nous explique que son inspiration est venue d’une petite gouache de Jack Weldon Humphrey intitulée Crustaceans provenant de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick. « Dans sa relation modeste avec l’abstraction, elle a des formes et couleurs qui suggèrent des créatures – crustacés et mollusques – résidant dans les myriades de niches des rivages limitrophes du territoire pictural maritime de Humphrey. Par tradition, les conventions de diverses formules de symbolisme font en sorte d’illustrer les attributs de ténacité, de protection, de fertilité et de résurrection qu’on associe aux animaux aquatiques représentés. Certains pourraient prétendre que ces caractéristiques forment aussi un cadre où s’insère la conception des musées eux-mêmes ainsi que les attentes émanant de leurs objectifs premiers, soit la préservation, la présentation et l’interprétation. Ce tableau trouve alors son sens dans la relation entre la diversité des artéfacts et des spécimens trouvés dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick et le rôle de dépositaire d’information matérielle, de fabricant de culture et de lieu d’échange de points de vue que cette institution peut jouer. »

1
Jack Weldon Humphrey (Canadien, 1901-1967)
Crustaceans, 1952-1953
Pinceau, encre noire et gouache sur papier vélin
Support : 24,9 x 32,4 cm
Don de Lawren Phillips Harris, 1987 (1987.21)

« Les objets choisis pour cette exposition témoignent de l’inspiration durable puisée dans le monde naturel par les styles et coutumes des beaux-arts et des arts décoratifs, ajoute Peter Larocque. Un large éventail de moyens nous permet de le constater; soit l’imitation de formes naturelles par les objets, soit l’intégration de créatures elles-mêmes (ou de parties ou sections de celles-ci) dans un artéfact, soit la transformation d’objets naturels par la main humaine. »

2
Belleek Pottery Company (Irlande, fondée en 1858)
Service à thé en porcelaine Neptune 1955‑1965
Hors tout : 14,5 x 22,5 cm [théière], 6 x 10 cm (sucrier), 8,2 x 11,5 cm (crémier)
Don de Frances Meltzer Geltman, 1995 (1995.46.4.1-3)

Le service à thé ci-dessus dénote bien la fascination persistante par les formes naturelles et la virtuosité technique. Sous le thème de Neptune, le motif de ces pièces rappelle à l’observateur la mythologie classique et évoque une association avec la mer.

3
NBMG 3636
Phylum Mollusca, classe des céphalopodes
ammonite
Hors tout : 13 x 12,4 x 4 cm
Provenance inconnue
Donateur et date inconnus
De la collection de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick

La coquille en spirale des ammonites fossiles se voit couramment dans les roches du Jurassique et du Crétacé. Le Nouveau-Brunswick compte peu de fossiles de cette division géochronologique, mais la collection du Musée du Nouveau-Brunswick comprend quelques spécimens d’ammonites, la plupart donnés par des membres de la Société d’histoire naturelle du Nouveau-Brunswick au XIXe siècle.

« Certains objets ont été choisis pour leur valeur esthétique, d’autres pour faire réfléchir à leur fonction, explique M. Larocque. Ces spécimens et objets sont réunis pour consigner le passage du temps. Ils témoignent de millénaires anciens, évoquent la mythologie classique et illustrent notre utilisation évidente des ressources naturelles. Cette combinaison représentative d’articles attire l’attention non seulement sur leur apparence intrinsèque, mais aussi sur leur fragilité. Les avoir réunis sous-entend qu’un lieu est nécessaire pour pouvoir les examiner et les observer de près. Voilà une belle façon de concevoir le rôle d’un musée. »

4
Fabricant inconnu (Barbade)
Valentin de marin, v. 1830-1880
bois de cedro, papier, nappe ouatée et verre
25,4 x 49,6 cm
Don de Frederick G. Godard, (7085)

Fabriqués à partir du début du XIXe siècle et louangés pour leur délicatesse et leur sensibilité, les valentins de marins sont associés à la séparation et à l’incertitude des voyages en mer. Produits dans les Antilles, à la Barbade en particulier, ces souvenirs étaient achetés par des marins de passage pour exprimer leur affection à leur petite amie et à un être cher.

5
Mme Lolar (Passamaquoddy)

Panier en forme d’oursin, v. 1908
Éclisses de frêne teintes et tissées avec foin d’odeur
Hors tout : 9 x 21 x 21 cm
Don de Mme H.R. Wilson, 1909 (5197.2)

Tressé à partir des plus fines éclisses de frêne et de foin d’odeur, ce panier est un bel exemple des connaissances de la mer acquises par la Première Nation Passamaquoddy dans son territoire traditionnel bordant la côte nord de la baie de Fundy. Il reprend la forme de l’oursin vert, abondant dans son habitat formé par la zone intertidale du rivage rocailleux.

6
Fabricant inconnu (japonais)

Cadeau présenté pour commémorer une contribution à la construction d’une église, comté d’Umikami, province de Chiba, Japon, avant le 23 novembre 1925
Coquillage sculpté
Hors tout : 19 x 22 x 2 cm
De la collection Loretta L. Shaw, 1939 (32622)

La surface de ce coquillage se prête bien à l’expression artistique. Sa forme naturelle est respectée et rehaussée par l’ajout du koï subtilement sculpté suivant les couches et les reflets naturels de la nacre. L’association de la représentativité et de la matière dénote la persévérance et la force, un cadeau convenant bien à un missionnaire canadien résolu à transmettre un savoir occidental au Japon.

À la hauteur : Les stagiaires d’été du MNB en zoologie préparent des spécimens de chauves-souris d’avant le syndrome du museau blanc

Dans l’Est du Canada, le syndrome du museau blanc (SMB) décime depuis six ans les populations de chauves-souris. Ce champignon microscopique qui se développe en basses températures amène souvent les chauves-souris hibernantes à se réveiller, à voler au froid et à geler mortellement. Au Canada, le SMB a été découvert d’abord en Ontario et au Québec en 2009. Dans les Maritimes, la maladie a été constatée au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse en 2011, puis à l’Île-du-Prince-Édouard en 2013. La situation est devenue désastreuse. À une époque, le zoologue Donald McAlpine, Ph.D., et l’associée de recherche Karen Vanderwolf, tous deux rattachés au MNB, répertoriaient environ 7000 chauves-souris par année dans les 10 sites d’hibernation du Nouveau-Brunswick qu’ils surveillent; l’année dernière, ils n’en ont trouvé que 20 dans les mêmes grottes. Le SMB touche surtout la petite chauve-souris brune et l’oreillard roux et, dans une moindre mesure, les sérotines brunes. Un petit nombre de chauves-souris a une incidence directe sur l’économie agricole et forestière en ce sens que ces bestioles jouent un rôle important dans ces industries en consommant les insectes qui nuisent aux cultures et aux arbres.

L’été dernier des stagiaires en zoologie du MNB (Maddie Empey, Alyson Hasson et Neil Hughes) se sont employés à préparer et cataloguer les quelque 7000 petites chauves-souris brunes, oreillards roux et sérotines brunes de l’Ontario, du Québec et des provinces maritimes qui se trouvent dans les congélateurs du MNB. Ces spécimens provenaient du grand public en vue du dépistage de la rage par un laboratoire fédéral d’Ottawa. Ils ont été donnés pendant la période allant de 1986 jusqu’au début des années 2000, soit avant la découverte du syndrome du museau blanc au Canada. Les chauves-souris qui se trouvent au MNB ne sont pas porteuses de la rage.

Les données obtenues cet été permettront aux chercheurs de comparer la variation génétique de ces chauves-souris de l’Est du Canada avant l’apparition du SMB. Il se peut, par exemple, que certaines chauves-souris survivantes présentent des ressemblances dans leur patrimoine génétique. Une autre recherche pourrait utiliser des échantillons de fourrure pour déterminer le taux de substances toxiques, entre autres le mercure, provenant de l’environnement des chauves-souris.

« Cet échantillonnage est unique en ce sens qu’il constitue probablement la plus grande collection des espèces de chauve-souris les plus touchées par le SMB juste avant que cette infection fongique survienne, explique M. McAlpine. Une fois inscrits dans les archives du MNB, ces échantillons seront une source de données intéressantes pour la recherche pendant de nombreuses années. »

« C’est vraiment intéressant de voir qu’on contribue à de telles recherches », commente Maddie Empey.

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La stagiaire du NBM Maddie Empey tient des spécimens de chauves-souris écorchées.

Les stagiaires commencent par mesurer la chauve-souris : la longueur du corps entier, de la queue, du pied arrière, de l’avant-bras, du tragus (saillie aplatie qui prend naissance dans l’oreille et qui joue un rôle dans l’écholocation [mode d’orientation de certaines espèces dans le noir]). La bestiole est aussi pesée.

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La peau est séparée du corps. Quoique les os de l’aile restent avec la peau, le reste du squelette est conservé pour être nettoyé et préparé plus tard.

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La peau de chaque chauve-souris est étendue et épinglée pour sécher. Une fois sèche, la peau sera déposée dans une enveloppe transparente en Mylar et conservée pour référence future.

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Des échantillons de tissu – de petits morceaux de muscle – sont prélevés de chaque carcasse, déposés dans de l’éthanol à 98 % et conservés dans un congélateur. Les échantillons de tissu de chaque chauve-souris à -80 o C sont inscrits dans les archives de la collection de tissus du MNB en vue d’une analyse génétique éventuelle par un collaborateur de la recherche du MNB à l’Université Trent.

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Finalement, les carcasses sont placées dans la colonie de dermestidés – ou étable à insectes – pour être transformées en squelettes. Les insectes ne mangent que la chair, ce qui donne des squelettes parfaitement nettoyés. Après leur nettoyage par les insectes, les squelettes sont retirés, congelés, décongelés et recongelés afin de veiller à ce qu’aucun insecte, œuf ou larve ne se retrouve dans le MNB.

« Si ces insectes arrivent ici [dans le Musée], ils vont manger tout et n’importe quoi », explique Mme Empey. Une fois nettoyés et congelés, les squelettes peuvent être archivés dans la collection du MNB pour servir de référence aux fins de recherches.

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Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du coin supérieur gauche : le préparateur du MNB Brian Cougle et une colonie de dermestidés; M. Cougle montrant des larves de dermestidés; Mme Empey devant un congélateur au laboratoire de nécropsie du MNB.

Pour en savoir plus sur le rôle crucial du Musée du Nouveau-Brunswick dans la recherche sur le syndrome du museau blanc, voyez cette vidéo qui illustre l’ampleur du syndrome découvert au Nouveau-Brunswick. (en anglais)